Contexte

Les écosystèmes du Nord-Kivu subissent les effets de la  dégradation de manière continue de suite de problèmes suivants : (1) La pression anthropique occasionnant ainsi la surexploitation  et l’exploitation illicite/illégale des ressources naturelles ; (2) Les pratiques agricoles, de pêche et d’exploitation minière non respectueuses de l’environnement ; (3) L’Absence d’un système de gestion des eaux de pluie, d’épuration  des eaux usées ; et de gestion de l’environnement urbain  ; (4) La sous-information de la population sur les enjeux environnementaux, et particulièrement les enjeux des ressources forestières ; et ce malgré la présence des canaux de communication dont la majorité se préoccupent du bénéfice financier que de l’éducation de masse ; (5) L’insuffisance de connaissance spécifique sur la problématique de la gouvernance et gestion durable des écosystèmes qui demande parfois le déplacement en Europe, Amérique ou d’autres pays déjà outillés ; (6) L’absence d’un cadre d’échanges propice aux professionnels de l’environnement voulant se mobiliser pour organiser des évènements (ateliers de formation, conférence-débat, séminaires, etc.) ;

Une gestion rationnelle des ressources naturelles, voire leur restauration, constitue des défis majeurs à relever pour tous les acteurs environnementaux étatiques, ceux du secteur privé et des organisations non gouvernementales. C’est ainsi que le Réseau CREF  a initié le projet d’une maison verte d’éducation environnementale. En effet le projet de la « Maison Verte » du Réseau CREF vise à contribuer à combler ce déficit  d’informations, communication et éducation mésologique afin d’influencer l’adoption des comportements écologiquement acceptables dans le chef des différents acteurs impliqués dans la gestion, l’exploitation et l’utilisation des ressources naturelles (des écosystèmes).

Les experts sont d’accord qu’il existe des liens étroits entre la pauvreté des ménages et l’état des écosystèmes (forêts, terres, eaux, air, …) dans les pays du sud ; et ce, à travers leur contribution dans l’amélioration des conditions de vie des populations qui en dépendent ; au même moment les populations pauvres sont aussi à la base de la dégradation potentielle de l’environnement de par leurs pratiques d’exploiter les ressources naturelles (déforestation et dégradation de la forêt, surexploitation, dégradation des terres, pollution…).

Etant sans cesse guidés vers l’objectif d’une société économiquement et socialement juste ; et ce dans un cadre écologiquement vivable, le Réseau CREF s’engage à offrir un espace d’échanges; mais aussi de recherche-action environnementale en faveur des acteurs (personnes physiques et morales) de la Province du Nord-Kivu ; et ceux de la région des grands lacs africains pour une meilleure gouvernance des ressources naturelles.

Face à l’ampleur des défis économiques, sociaux et surtout environnementaux auxquels sont aujourd’hui confrontés les pays du Sud en général et la RDC en particulier, des initiatives se multiplient pour développer des activités, certes économiques mais qui soient au service de l’Homme et de la société. C’est dans ce cadre que s’inscrit ce projet d’entrepreneuriat social/environnemental

Valeur ajoutée sociale et environnementale du projet

Le projet de la « Maison Verte » du Réseau CREF veut contribuer à la gestion rationnelle des ressources naturelles et à leur bonne gouvernance en République Démocratique du Congo en général et en Province du Nord-Kivu en particulier.

Il présente des spécificités socio-environnementales suivantes:

  • Les revenus générés au moment du fonctionnement de la « Maison Verte » serviront à appuyer les cadres de concertation au niveau des Entités Territoriales Décentralisées. Ceci pour permettre à consolider la culture de rendre-compte dans le chef des gouvernants d’une part, et de revendication des droits du côté des gouvernés, d’autre part.
  • Dispenser aux acteurs environnementaux des formations spécifiques à des tarifs préférentiels;
  • Offrir un cadre d’échanges dédié à la protection de l’environnement pour les acteurs du secteur;
  • Appuyer les pépinières dans les grandes agglomérations afin de pérenniser le reboisement amorcé depuis 2007 par les revenus générés par la Maison Verte ;
  • Donner l’information environnementale sur les bonnes pratiques de maraichage, de protection des sols, des pentes, des lacs et autres cours d’eau, etc. à un public large avec l’appui des partenaires techniques et financiers.

Services offerts par la « Maison Verte »

Dans son fonctionnement au quotidien, la « Maison Verte » d’éducation environnementale du Réseau CREF va offrir et vendre les services ci-après :

  • Formation :

Offrir des sessions de formation sur la gestion et la gouvernance de l’environnement en général et celles des écosystèmes terrestres en particulier. Cette activité valorisera les ressources humaines locales, mais elle pourra recourir aussi aux compétences extérieures selon la nécessité. Elle bénéficiera, dans un premier temps de la subvention des partenaires du Réseau CREF. Ce service est couplé par ce cadre d’échanges, espace pour l’organisation d’évènements culturels et scientifiques (conférences, conférences-débats, colloques, universités d’été, journées portes ouvertes, séminaires, soirées/matinées culturelles.

  • Ce cadre comprendra aussi  bien des logements décents, un restaurant aux recettes biologiques, une blanchisserie, etc. 

Sur le terrain, au niveau de la base, la « Maison Verte » va offrir aux communautés locales une formation sur le tas dans une vision d’apprentissage-pratique en agriculture écologique, l’agroforesterie et le petit élevage. Ceci se justifie par le fait que les principaux bénéficiaires de nos actions sont les populations rurales qui ont de problèmes de formation scolaire spécifique et classique,  surtout pour les femmes.

  • Education et information environnementale sur la conservation et la protection de la biodiversité à travers :

Ce service est consacré en (1) la production participative et la diffusion des émissions radio-télé sur la gestion de l’environnement en général et l’exploitation des ressources naturelles, le développement durable, les pratiques agricoles écologiques, etc. ; (2) la production et la diffusion gratuites ou à des prix préférentiels de documents papiers (feuillet, étude, enquêtes, etc…) afin de bien mener les actions de plaidoyer porteur ; et (3) la bibliothèque dotée d’une  connexion internet à haut débit.

Pour arriver à promouvoir un débat populaire sur la gouvernance environnementale, trois cadres de débats sont offerts : une radio-télévision thématique et bibliothèque; avec comme outil de soutien, la Recherche-Action environnementales.