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Lutte contre la pauvreté

De tout le temps, les communautés humaines ont toujours utilisé des ressources naturelles pour y tirer leurs moyens de survie : alimentation, médicaments, habitat, etc. Les PFNL font partie de ces ressources naturelles dont l’homme tire aussi des revenus pour répondre à ses besoins.

En effet, l’exploitation abusive des PFNL contribue non seulement à leurs rareté ; mais aussi à la destruction de la biodiversité ; plongeant ainsi les communautés dépendantes de la forêt dans des conditions de précarité durables.

Dans le souci de contribuer à la gestion durable des forêts au profit de la conservation de la diversité biologique d’une part, et l’amélioration de conditions de vie des peuples autochtones et des communautés forestières d’autre part, une mobilisation générale se fait sentir en faveur de l’exploitation durable des PFN à tous les niveaux.

En République Démocratique du Congo, le cadre légal réglemente les activités liées à l’exploitation des produits forestiers non ligneux : Art. 36 du Code forestier de 2002 ; et Art. 10 de l’Arrêté n° 035 relatif à l’exploitation forestière.

En Province du Nord-Kivu, le Réseau CREF, fidèle à sa mission, a trouvé impérieux d’initier des études sur les PFNL comme alternative à la lutte contre la pauvreté des communautés forestières tout en contribuant à la conservation de l’écosystème.

La première étude menée par le Réseau CREF sur cette thématique date de l’an 2009 et présente déjà les différents PFNL disponibles  dans les forêts  de la  province du Nord-Kivu.

une autr  étude a été realisée en 2014. Elle  est une continuité de la première réalisée en 2009,  et a visé à actualiser les données de la précédente tout en envisageant la possibilité d’organisation des filières spécifiques  pour l’exploitation des principaux PFNL à valeur marchande élevée.

Cette étude  a permis  ainsi de confirmer qu’au Nord-Kivu les PFNL les plus prisés et/ou ayant une valeur marchande élevée sont: le poivre noir, le cola, le pygeum, le champignon « vudo » et « Vukakati » ainsi que le miel. Leurs usages, sont essentiellement alimentaires et/ou médicamenteux.

L’analyse de l’exploitation de ces PFNL au Nord-Kivu a permis de circonscrire une cartographie générale avec 6 maillons, à savoir : la production, la transformation du premier degré, la transformation  du second degré, la commercialisation, la consommation et l’exportation.

Certains PFNL, comme le poivre noir, sont récoltés durant toute l’année tandis que d’autres ne le sont que pendant quelques mois seulement.

Sur base de nos enquêtes, les quantités moyennes annualisées par producteur ont été calculées pour chaque PFNL.

Ainsi, par an, un producteur peut arriver à réaliser : 288 kg de champignon vudo, 384 kg de champignon Vukakati, 672 kg de Cola, 1536kg de Pygeum, 120 litres de miel et 672 kg de poivre noir.

4 niveaux de marchés ont été identifiés au Nord-Kivu pour la commercialisation des PFNL. Il s’agit du : marché local du village, marché urbain 1, marché urbain 2 et marché extérieur. La valeur marchande des PFNL varie suivant les types de marchés. Par exemple,  1 kg de poivre noir coute 1$ au marché du village ; 2,2$ sur le marché urbain 1, et 1,7$ sur le marché urbain 2.

Le marché urbain1, essentiellement constitué des femmes détaillants au centre-ville (à BENI, BUTEMBO et GOMA) est le plus rentable pour tous les PFNL. Sur ce marché, un producteur peut réaliser annuellement des revenus allant jusqu’à : 2687$ pour les champignons; 1129$ pour le cola ; 1464$ pour le poivre noir et 1200$ pour le miel.

Ces chiffres sont supérieurs au revenu moyen par habitant de la RDC évalué à 394$ (2013) par le Fonds Monétaire International.

Bien que le secteur de PFNL soit rentable, il convient de souligner que les effets écologiques néfastes sont notés dans l’exploitation au regard des techniques de récolte ou de ramassage utilisées par les CL et les PA.

Par ailleurs, les CL et les PA précisent que  ce sont les différents intermédiaires qui gagnent plus dans l’exploitation des PFNL. Il sied alors de bien structurer les communautés enfin que ces dernières beneficient des PFNL et ainsi ameliorer leurs conditions de vie

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